Une semaine après la fin de la "jungle", les migrants sont déjà de retour

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Une semaine après la fin de la "jungle", les migrants sont déjà de retour

Message  Admin le Mer 30 Sep - 14:32

- Dispersés le long des quais, dormant sous des ponts ou cachés derrière des bosquets, de nombreux jeunes migrants afghans sont de retour à Calais, une semaine après le démantèlement hautement médiatisé de la "jungle", leur ancien campement. Sur le quai de la Moselle, trois Afghans évacués mardi dernier de la "jungle" ont élu domicile derrière des arbustes, à deux pas de la mairie. "La police nous a laissés à Nîmes, à plus de 1.000 kilomètres de Calais et on a dû revenir en train. On ne comprend toujours pas pourquoi", expliquent Youssouf, Asseb et Muramad, qui se disent mineurs. De retour à Calais dès le lendemain de leur interpellation, ils disent tenter tous les soirs le passage vers l'Angleterre. Depuis leur arrivée, il y a deux mois, ils n'ont d'ailleurs jamais abandonné le rêve de l'"eldorado" britannique, malgré la fatigue et la peur de la police qui les traque. Ils se disent cependant plus stressés qu'avant le démantèlement de la "jungle". Un peu plus loin du quai, une centaine de migrants patientent en attendant l'heure du déjeuner. Ils se sont rassemblés par ethnies (Afghans, Irakiens, Erythréens...) pour attendre la petite camionnette de l'association "Belle Etoile". Un enfant irakien de trois ans attend lui aussi, assis dans un fossé avec ses parents. Ils sont arrivés il y a quelques jours. "Ils reviennent progressivement. Ils ont peur. Ils dorment un peu partout maintenant", explique Françoise Peenaert, 61 ans, une bénévole de "Belle Etoile". Consciente du "problème de logement", l'association a acheté des bâches qu'elle distribue aux migrants en même temps que leur panier repas. La bénévole leur conseille "de ne pas trop se regrouper, de rester disséminés". Sur 138 étrangers majeurs en situation irrégulière placés en rétention après le démantèlement de la "jungle", 95 avaient déjà été libérés lundi après-midi, selon la Cimade, seule association présente dans les centres de rétention. Concernant les 125 mineurs interpellés lors de la même opération, 28 ont d'ores et déjà quitté les centres d'accueil spécialisés du nord et de l'est de la France dans lesquels ils avaient été placés, selon la préfecture du Pas-de-Calais. "Ce (lundi) matin, une quarantaine de migrants, dont une majorité d'Afghans, sont venus prendre leur douche. C'était à peu près le nombre qui passait avant l'évacuation du campement pachtoune", constate Maurice Collier, du Secours catholique. Charles Framezelle dit "Moustache", de l'association C-Sur, note pour sa part que "depuis jeudi, il y a une agressivité incroyable" à Calais, et que "les migrants sont tous très tendus". Selon lui, "une bonne partie de ceux qui sont de retour sont des passeurs". Une équipe de France 2 a d'ailleurs été la cible de jets de pierres lundi matin. "Toute personne de bon sens pouvait pressentir que cette action de démantèlement ne règlerait rien et qu'inévitablement ils reviendraient", a déclaré à l'AFP Jack Lang, député PS du Pas-de-Calais. "Quels que soient les obstacles, les migrants arrivent à passer", souligne-t-il.


"Le démantèlement de la +jungle+" est "un succès" martèle M. Besson

L'intervention policière du 22 septembre visant à chasser les migrants de la zone portuaire de Calais est "un succès", a martelé lundi soir le ministre de l'Immigration Eric Besson, contesté par des associations jugeant que cette opération est un coup d'épée dans l'eau. "L'opération de démantèlement de la +jungle+, réalisée le 22 septembre 2009, fut un succès", écrit le ministre dans un communiqué publié lundi soir. "L'objectif, qui était de détruire un campement insalubre et une plaque tournante des filières clandestines à destination de l'Angleterre, est atteint", affirme M. Besson. La zone dans laquelle les migrants s'étaient réfugiés dans des campements de fortune "a été rendue à son état naturel, et deviendra une zone de développement économique". Le ministre annonce que "deux nouvelles opérations seront organisées avant la fin de la semaine", expliquant que "ces filières cherchent systématiquement à reconstruire de nouvelles plateformes de transit". Moins d'une semaine après l'opération très médiatisée, une journaliste de l'AFP a constaté lundi à Calais que des migrants, notamment des Afghans et des Irakiens cherchant à passer en Grande-Bretagne, étaient déjà revenus sur les lieux. "Ils reviennent progressivement. Ils ont peur. Ils dorment un peu partout maintenant", a expliqué à l'AFP Françoise Peenaert, une bénévole de "Belle Etoile". La Cimade, seule association présente dans les centres de rétention, a précisé lundi que sur 138 étrangers majeurs en situation irrégulière placés en rétention dans le cadre de la "fermeture de la +jungle+", 95 avaient déjà été libérés. Et 28 des 125 mineurs interpellés lors de la même opération avaient déjà quitté les centres d'accueil spécialisés du nord et de l'est de la France dans lesquels ils avaient été placés, selon la préfecture du Pas-de-Calais. Mais "cette opération n'avait pas pour objectif d'interpeller le maximum de migrants" se justifie M. Besson face aux associations et aux politiques qui s'interrogent sur l'efficacité de cette intervention. "Toute personne de bon sens pouvait pressentir que cette action de démantèlement ne règlerait rien et qu'inévitablement ils reviendraient", a notamment déclaré à l'AFP Jack Lang, député PS du Pas-de-Calais. Selon le décompte du ministère sur les 276 "ressortissants étrangers en situation irrégulière" interpellés 125 se sont déclarés mineurs étrangers isolés et ont été placés dans quatre centres d'hébergement spécialisés. Parmi eux, 97 "avaient choisi de rester dans leur centre d'hébergement". Sur les 151 majeurs interpellés 129 ont été placés en centre de rétention, parmi eux 89 ont été remis en liberté, selon le communiqué. "Tout en restant parfaitement respectueux de l'indépendance des juridictions, il n'est pas interdit de constater que certaines d'entre elles libèrent quasi systématiquement les étrangers en situation irrégulière qui leur sont présentés", déplore Eric Besson. Parmi les interpellés, 60 personnes ont demandé l'asile et "40 rétentions ont été prorogées, en vue d'une mesure d'éloignement forcé vers le pays d'origine".

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